Mot-clé : protection contre les crues
La protection contre les crues au niveau des ruisseaux comprend des mesures structurelles telles que de nouveaux passages plus larges, l’élargissement du lit, de nouveaux tracés ou l’abaissement du niveau du ruisseau. De nos jours, la protection contre les crues implique toujours une revitalisation, c’est-à-dire un nouveau paysage de ruisseau proche de la nature. Le projet actuel, qui s’étend sur trois kilomètres le long du Rohrbachgrabenbach, aura lui aussi une utilité écologique. Le cours d’eau doit retrouver un tracé naturel, être revégétalisé et remis à ciel ouvert sur un tronçon de 330 mètres, ce qui signifie que le ruisseau mis sous tuyau ou souterrain sera de nouveau dégagé. Ainsi, non seulement on crée un paysage proche de la nature, mais la remise à ciel ouvert apporte une contribution essentielle à la protection contre les crues. En effet, lorsque les cours d’eau sont principalement acheminés dans des conduites souterraines, il peut arriver, en cas de fortes précipitations, que l’eau ne puisse plus s’écouler et qu’elle se répande en surface de manière incontrôlée, entraînant des inondations.
Passages de ruisseau plus larges et renaturations
Le conducteur de travaux Matthias Lustenberger prend le temps d’une balade avec moi le long du Rohrbachgrabenbach. « Pour achever les renaturations, nous avons surtout besoin de périodes de temps sec », souligne-t-il. En effet, le sol le long du cours d’eau ne peut être emprunté ou travaillé que si la terre est sèche. De janvier à avril, ce sont surtout les passages au niveau des traversées de routes qui ont été achevés. Cela a impliqué quelques déviations du ruisseau et l’installation de nouveaux tubes en tôle ondulée plus larges, ainsi que divers travaux de remblayage et de nombreuses réhabilitations liées à des dommages environnementaux antérieurs. 30 traverses en bois ont également été installées pour retenir de grandes quantités de matériaux de charriage. Non loin du hameau de Rohrbachgraben, le ruisseau est déplacé sur un tronçon plus long jusqu’au point bas du terrain. Pour ce faire, il a fallu abattre quelques arbres, ce qui n’a posé aucun problème à l’équipe sur place : après tout, le contremaître Jonas Jakob est aussi forestier-bûcheron de formation. En été, les travaux se concentrent désormais sur la revitalisation, c’est-à-dire la création et la végétalisation du nouveau paysage de ruisseau proche de la nature. Lors de ma visite, je découvre déjà plusieurs préparatifs de ces travaux. De la terre excavée se trouve par exemple en lisière de forêt, ce que l’on appelle des dépôts de sol. Ils portent l’inscription « sol A et B » (A = sol humifère, B = sous-sol). Cette terre, stockée ici provisoirement, doit impérativement être remise en place correctement lors des travaux de renaturation le long du cours d’eau. Le projet est par conséquent accompagné par un bureau d’ingénieurs assurant le suivi pédologique de chantier.
À ce propos : un castor, qui vivait jusqu’à récemment à proximité des travaux, a heureusement déménagé de lui-même. Il s’est certainement trouvé un nouveau petit coin dans ce magnifique paysage alluvial.